Lecture rapide : les 7 erreurs du débutant

Vous voulez vous lancer dans la lecture rapide ? Excellente décision !

Voici quelles sont les 7 erreurs à ne pas commettre.


1. Sacrifier la compréhension


J’aurais aussi bien pu écrire « tout miser sur la vitesse ».

Qu’est-ce que lire ?

Prenons un exemple : le vietnamien. Vous le savez peut-être, c’est une langue qui s’écrit avec l’alphabet latin. Le nôtre. Nous sommes donc capables de le décoder.

Question : si je lis à voix haute une page écrite en vietnamien (à supposer que je le prononce correctement), peut-on dire que je l’ai « lue » ?

La réponse est NON.

Lire, c’est décoder et comprendre.

Beaucoup de gens se focalisent sur l’objectif « vitesse », et perdent de vue l’objectif « compréhension ».

Ils vont vous annoncer, tout contents, qu’ils ont augmenté leur vitesse de lecture de 386% ! Mais si vous leur posez des questions sur le texte qu’ils viennent de lire - ou si vous leur demandez simplement de le résumer - il n’y a plus personne.

La première des règles quand on débute en lecture rapide est donc de ne jamais sacrifier la compréhension au profit de la vitesse.

La lecture rapide ne doit pas seulement vous permettre d’améliorer votre vitesse, elle doit aussi vous faire gagner en compréhension.


2. Vouloir supprimer la subvocalisation


La subvocalisation, qu’est-ce que c’est ? C’est la petite voix que vous entendez dans votre tête lorsque vous lisez.

La subvocalisation, c’est un peu le monstre qui était caché sous votre lit quand vous étiez petit.

Maman, j’ai peur !

Si vous êtes déjà tombé sur des méthodes de lecture rapide, il y a de fortes chances pour qu’on vous ai expliqué que vous deviez d’abord supprimer la subvocalisation pour pouvoir lire vite.

Voici le raisonnement (tordu) qui a amené certains « spécialistes » à affirmer qu’il fallait d’abord supprimer la subvocalisation pour pouvoir, ensuite, lire plus vite.

Vous ne pourrez jamais lire plus vite que la vitesse à laquelle vous parlez. En conséquence, il faut supprimer cette petite voix pour pouvoir lire plus vite.

Les mêmes « spécialistes » ont même mis au point des activités qui sont censées vous aider à faire taire cette petite voix. Par exemple, on vous dira de lire en écoutant un bruit blanc en fond sonore. Très agréable ! Ou mieux, de compter dans votre tête tout en lisant (si, si, c’est véridique).

Le problème… c’est que ça ne marche pas ! Pour s’en convaincre, il suffit de lire les commentaires postés sous les vidéos YouTube qui proposent de supprimer la subvocalisation :

  • Si je lis en comptant dans ma tête, je ne comprends plus rien !
  • Maintenant quand je lis j’entends en même temps les mots et les chiffres dans ma tête !
  • Je n’arrive pas à supprimer cette petite voix, ça me rend fou ! Etc, etc

Pour ma part, j’ai toujours été très dubitatif sur cette histoire de subvocalisation. Le constat que j’ai fait est le suivant :

  • Quand je lis lentement, de façon consciente, je subvocalise
  • Quand je lis rapidement, de façon inconsciente et détendue, je ne subvocalise pas.

Pourtant, je n’ai jamais rien fait pour supprimer la subvocalisation.

Elle est donc partie toute seule.

J’ai donc fait une hypothèse : et si on avait pris les choses à l’envers ? Si ce n’était pas : « on ne peut pas lire vite si l’on subvocalise » mais « on ne peut pas subvocaliser si on lit vite » ?

Pour savoir si c’était vrai, j’ai interrogé les gens qui pratiquaient la lecture rapide. Le constat est sans appel :

  • Aucun des grands lecteurs ne subvocalisent, et pourtant aucun d’entre eux n’a tenté de supprimer la subvocalisation.
  • Tous ceux qui ont essayé de supprimer la subvocalisation par des exercices spécifiques autres que ceux qui visent à augmenter la vitesse ont échoué.
  • Les seuls qui ont réussi sont ceux qui ont laissé tomber cet objectif de supprimer la subvocalisation pour se concentrer sur la vitesse de lecture. Et là, surprise ! Ils ont constaté, comme moi, que la subvocalisation avait disparu.

En fait, c’est simple : quand on se met à lire vraiment vite, la voix ne peut plus suivre. Elle est larguée. Elle disparaît d’elle-même.


3. Ne pas travailler les techniques de lecture déstructurée


Beaucoup d’étudiants qui s’intéressent à la lecture rapide ne vont se focaliser que sur les techniques de lecture rapide linéaire, en utilisant comme critère de réussite le nombre de mots par minute.

C’est en fait passer à côté de ce qui est, selon moi, le plus utile dans les techniques de lecture rapide : la lecture déstructurée.

A quoi cela sert-il de lire plus vite, si c’est pour lire des choses inutiles ?

Quand vous lisez, vous avez généralement un objectif.

Si c’est pour vous distraire, la lecture rapide ne sert pas à grand-chose. Si c’est pour acquérir des connaissances, vous ne devriez lire que les ouvrages qui vous permettront d’apprendre ces connaissances-là. Et dans ces ouvrages, vous ne devriez lire que les passages qui vous intéressent.

Après tout, le temps n’est pas extensible ! Cet examen ou ce concours… la date approche !

Vous ne pouvez pas vous permettre de TOUT lire.

La lecture déstructurée va vous permettre de résoudre l’équation : apprendre tout ce qui m’est utile en un temps limité.

Elle va vous permettre, grâce aux techniques du survol et de l’écrémage, de savoir quels livres lire, et quels passages lire en particulier dans les livres que vous aurez sélectionnés.


4. Faire l’impasse sur les techniques de mémorisation


Vous connaissez l’expression « ça rentre par une oreille, ça sort par l’autre » ?

Est-ce que vous aussi, vous avez cette impression d’oublier aussi vite que vous avez appris ?

C’est parce que vous n’utilisez pas les bonnes techniques de mémorisation. J'ai d'ailleurs écrit tout un article à ce sujet.

Avec la lecture rapide, vous allez apprendre à graver vos connaissances dans le marbre.

Il en existe beaucoup, mais si je ne devais vous en donner qu’une, elle tiendrait en 3 lettres : SRS.

SRS (de l’anglais spaced repetition system) que l’on appelle aussi la « répétition espacée » est une technique d’apprentissage basée sur des révisions à intervalles réguliers, plus ou moins espacés : plus l’élément à apprendre est ancré dans notre mémoire, plus les révisions peuvent être éloignées les unes des autres.

La technique est donc simple. Lisez un livre. Prenez des notes (par exemple avec la méthode Cornell, elle est redoutable !) et faites-en des fiches. Reprenez ces fiches après un jour, puis une semaine, un mois, trois mois, un an.

La mémorisation sera durable.


5. Ne pas pratiquer régulièrement


La lecture rapide, c’est comme n’importe quel apprentissage. Si vous ne vous entraînez pas, vous ne progresserez pas.

C’est aux débuts de votre apprentissage de la lecture qu’il vous faudra faire les efforts les plus importants. Les débuts sont toujours les plus difficiles.

Veillez donc à vous entraîner avec régularité, jusqu’à ce que vous ayez fait des progrès tangibles.

Une demi-heure par jour, pendant un mois, devrait suffire à vous faire faire des progrès visibles, qui vous étonneront vous-même.

Par la suite, vous pourrez espacer vos entraînements. Parce que la lecture rapide, c’est aussi comme le vélo : ça ne s’oublie pas 😊


6. Se disperser


Un des gros dangers de la lecture rapide, c’est de se laisser griser par les perspectives que cela ouvre.

« Maintenant que je sais lire vite et bien mémoriser, je vais tenter un doctorat en physique quantique à côté de mon concours d’attaché territorial… »

Soyez réalistes. Restez concentrés sur votre objectif. N’oubliez pas : les grandes réussites se construisent pas à pas. Ne sautez pas les étapes.

Bref, ayez confiance en vous, mais ne courez pas deux lièvres à la fois !


7. Ne plus savoir prendre son temps


Ce dernier conseil, j’y suis très attaché.

Distinguez bien la lecture travail de la lecture plaisir.

A quoi cela peut-il bien servir de lire un recueil de poésie à toute vitesse ? Ou même un roman ?

Faire de la lecture rapide, c’est bien. C’est même excellent. Que ce soit pour le travail, les études, la culture, cela peut vraiment vous changer la vie.

C’est une sorte de super-pouvoir, en fait. Mais il ne faut pas en abuser.

C’est comme quand vous quittez l’autoroute : sachez ralentir, changer de rythme, apprécier les choses…

Une dernière chose : vous voulez en savoir plus et commencer à apprendre la lecture rapide ? J’ai créé pour vous une méthode gratuite. Vous pouvez la télécharger dès aujourd’hui sur le blog.

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